Annecy-le-Vieux

Fermer Introduction

Fermer 1 : La terre et les hommes

Fermer 2 : De la préhistoire à la naissance d'Annecy-le-Vieux

Fermer 3 : La paroisse et ses édifices religieux

Fermer 4 : Un moyen-âge obscur et difficile

Fermer 5 : 17ème et 18ème siècle : une image qui se précise et se durcit

Fermer 6 : La Révolution et l'Empire (1792-1815)

Fermer 7 : La Restauration Sarde (1815-1860)

Fermer 8 : De l'Annexion à l'urbanistion

Fermer Annexe 1 : La vigne et le vin

Fermer Annexe 2 : La famille de Menthon de la Balme au château de la Cour

Fermer Autres annexes

3 : La paroisse et ses édifices religieux - 3.2 : La vieille église et son clocher
Rien ne permet d’avancer que cette église a pris la suite d’un culte païen ou paléochrétien. La pierre du clocher sur la quelle est gravée une dédicace à Jupiter peut provenir d’ailleurs, peut-être des ruines de Boutae.
La présence de deux églises, l’une à côté de l’autre, surprend. Nous faisons l’hypothèse que la première église, plus grande que le bâtiment municipal actuel accolé au clocher, s’est révélée trop petite pour accueillir une population en expansion. La configuration des lieux rendant un agrandissement difficile, une seconde église aurait été construite auprès de la première, ce qui permettait de profiter du clocher.
La vieille église était désignée sous le nom d’église Notre-Dame au 16ème siècle[1]. Faut-il en déduire que Notre-Dame a été la première patronne de la paroisse ? Ce nom a-t’il été donné à la vieille église lors de la construction de la seconde ? Le nom de Saint-Laurent aurait-il pu « glisser » de la première église vers la seconde où avait lieu le service paroissial ? Nous ne pouvons que poser ces questions en notant que Saint-Laurent est l’un des plus anciens vocables dans la chronologie des églises savoyardes.
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La vieille église a été longtemps utilisée pour le service paroissial en semaine et pour les messes basses. En 1714, Mgr Rossillon de Bernex enjoint aux paroissiens de la réparer. En 1769, le curé était tenu seulement d’y faire trois messes par an ; à la même date, Monseigneur Biord, évêque de Genève-Annecy, en interdit l’usage en raison de sa vétusté.

On date généralement le clocher de la première moitié du 12ème siècle, en raison de la présence de l’arc brisé du rez-de-chaussée. C’est une des rares survivances romanes que le diocèse d’Annecy ait conservée sans altération mutilante. Selon l’historien de l’art R. Oursel, ce clocher constitue, avec Talloires, Tamié, Viuz-Faverges, le rameau d’un ensemble artistique qui s’est développé dans la région alpine sous l’influence de l’Italie du Nord et des foyers d’art religieux du Rhône moyen.
La facture du beffroi est complexe. Elle superpose deux étages ajourés sur chaque face des deux baies jumelles. Celles-ci comportent des colonnettes doubles et des chapiteaux de palmes. Les premières colonnettes devaient être en molasse ; elles ont été remplacées partiellement au cours des siècles par d’autres colonnettes, en pierre dure, dont certaines provenant de ruines romaines.
Le clocher a peut-être surmonté une travée de chœur comme l’a assuré, en 1911, l’architecte des Monuments Historiques A. Fontaine[2]. Celui-ci en a vu pour preuve la présence en cet endroit de cavités pour burettes et autres accessoires de culte ; il a fait l’hypothèse de la présence, sur le côté est-sud-est du clocher, d’une petite abside dont le soubassement était visible au début du siècle jusqu’à une trentaine de centimètres au-dessus du sol et dont les dernières traces ont disparu lors des travaux de voierie de 1986. Cette absidiole n’apparaît pas sur un plan détaillé dressé vers 1830 (cf. schéma).
En fait, la vieille église et le clocher ont dû subir nombre de modifications au cours des siècles. Selon P. Oursel, déjà cité, l’autonomie du clocher par rapport à l’église est avérée au 16ème siècle. A la fin du 17ème siècle, Mgr d’Arenthon d’Alex dénonce les clochers placés au-dessus des chœurs comme contraires à toutes les règles.
En 1730, le cadastre sarde distingue nettement deux parcelles jointives : d’une part, le clocher paroissial, d’autre part une « chapelle », propriété de la famille de Menthon, d’une superficie de 180 m2 (alors que le bâtiment municipal actuel en mesure 120) ; la différence s’explique par l’existence, en annexe de la vieille église, d’une chapelle dédiée à Sainte-Catherine. Cette chapelle était placée sous le patronage du seigneur de la Pesse. Bien que richement dotée, elle était en très mauvais état à la fin du 18ème siècle. Elle fut démolie en 1821 pour faciliter la circulation.
Ces réductions et transformations expliquent la disproportion entre le clocher et le bâtiment municipal actuel qui lui est accolé.
Le vieux clocher, préservé sous la Révolution, était en piteux état à la fin du 19ème siècle. Huit lézardes fendaient les murs de haut en bas ; des ceintures de fer rouillées le protégeaient tant bien que mal de l’effondrement et l’on n’osait plus sonner les cloches à la volée.
 
L’Académie Florimontane la fit classer monument historique en 1908. les Beaux-arts la firent réparer pour 7260 Francs dont 300 payés par la commune et 500 par le Conseil Général. C’est à cette occasion que le toit en fer blanc fut remplacé par des tuiles.
Ce monument vénérable témoigne de la vitalité d’une commune fervente, au sens artistique développé. Ses « quatre bonnes cloches », selon l’expression de Saint-François de Sales, avaient égrené au fil des siècles leurs sons harmonieux sur la campagne environnante. Aujourd’hui, son illumination discrète le met heureusement en faveur.

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[1] Il en était de même pour la vieille église de Saint-Jorioz.
[2] R.S. 1911, p. 156.

3 : La paroisse et ses édifices religieux-->


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