Annecy-le-Vieux

Fermer Introduction

Fermer 1 : La terre et les hommes

Fermer 2 : De la préhistoire à la naissance d'Annecy-le-Vieux

Fermer 3 : La paroisse et ses édifices religieux

Fermer 4 : Un moyen-âge obscur et difficile

Fermer 5 : 17ème et 18ème siècle : une image qui se précise et se durcit

Fermer 6 : La Révolution et l'Empire (1792-1815)

Fermer 7 : La Restauration Sarde (1815-1860)

Fermer 8 : De l'Annexion à l'urbanistion

Fermer Annexe 1 : La vigne et le vin

Fermer Annexe 2 : La famille de Menthon de la Balme au château de la Cour

Fermer Autres annexes

3 : La paroisse et ses édifices religieux - 3.3 : L’église Saint-Laurent et ses chapelles
La première église Saint-Laurent semble antérieure à 1320. A cette date, en effet, un accord entre le curé Souchet et le prieur de Talloires mentionne « les » églises d’Annecy-le-Vieux. Une donation du 3 septembre 1371 cite l’église Saint-Laurent.
Elle aurait été reconstruite partiellement au 15ème siècle à l’initiative du Cardinal de Brogny dans le testament duquel on peut lire : « J’ai assez donné pour cette église … J’ai complété une partie de la dite église. »
Le chanoine Joseph Croset-Mouchet, biographe du Cardinal[1], qui décrit l’église en 1847, en voit la preuve dans le style ogival du chœur et la présence des armoiries du Cardinal peintes sur la clef de voute. Il attribue au prélat le projet d’un couvent cistercien dans sa paroisse natale et avance que la reconstruction du chœur aurait pu être le début d’exécution de ce projet. Le Cardinal aurait, en outre, donné à l’église deux cloches, deux chapes et deux chasubles marquées de ses armoiries. Il demande, dans son testament, qu’une messe soit dite chaque mois pour lui et les défunts de sa famille et que, chaque dimanche, une prière soit dite pour lui à la fin de la messe.
La mappe de 1730 situe Saint-Laurent à l’emplacement approximatif de l’église actuelle, selon un axe est-ouest, face à la montée de Novel. Massive, elle mesure 33 mètres sur 13. Un cimetière de 70 mètres sur 55 l’entoure. Il enclot dans ses murs la vieille église et le clocher. Au 19ème siècle, ce mur voit se multiplier les « passoirs » pratiqués pour aller des maisons proches à l’église. Une surface de 30 m2 est réservée pour l’enterrement des « personnes non orthodoxes qui terminent dans la commune leur carrière humaine » (la commune comptait à l’époque une protestante).
En cinq siècles, l’église de Saint-Laurent a compté dans ses murs bien des chapelles, dédiées à la Vierge ou à un saint protecteur. Ces chapelles, fondées par des familles ou des institutions, avaient chacune un « recteur » particulier et des revenus (souvent des vignes). Le recteur devait y célébrer chaque année un certain nombre de messes à la mémoire des fondateurs. Ces fondations et chapelles étaient parfois la source de contestations.
Voici, à titre d’exemple, quelques unes de ces chapelles :
Une chapelle Saint-Théodule est citée en 1581 ; ce saint du 4ème siècle, évêque d’Octodurus (Martigny en Valais), était l’objet d’un culte dans la région d’Annecy ; il rejoint les origines du christianisme savoyard (Saint-Maurice et la légion thébaine).
Une chapelle Saint-Sébastien aurait été fondée par le cardinal de Brogny. On trouve en 1670 une chapelle des Saints Fabien et Sébastien sur laquelle Françoise Costa, mère de Jean-Baptiste de Menthon, a droit de patronage. Le recteur de la chapelle doit célébrer les messes à la chapelle du château de la Cour quand il en est prié. En 1722, Jean-Baptiste de Menthon et son épouse fondent six nouvelles messes basses à la chapelle Saint-Sébastien qui est encore patronnée par le comte de Menthon en 1769.
Une chapelle Saint-André voit son rectorat et son revenu revendiqués en 1650 par Jacques de Lornay, chanoine de la cathédrale. En 1708, des contestations s’élèvent avec le comte Jean-Baptiste de Menthon au sujet de l’attribution de cette de chapelle. En 1769, le patronage de la chapelle Saint-André est exercé à tour de rôle par la famille Sage (de Vignières), le chapitre de Notre-Dame de Liesse, le syndic et les conseillers d’Annecy-le-Vieux.
Une chapelle de Saint-Donat et Saint-François est patronnée à l’origine par les seigneurs de Broel (village du Bray). En 1769, ses revenus ont été « égarés ».
La même année, Mgr Biord constate, lors de sa visite pastorale, que la chapelle de Notre-Dame du Puy n’a plus ni recteur, ni revenus. Des liens anciens existaient entre la région et d’Annecy et le chapitre cathédral de Notre-Dame du Puy-en-Velay dont dépendait une chapelle de Saint-Jorioz et la seigneurie de Quintal.
Vers 1840, le délabrement de Saint-Laurent est tel que les fidèles n’osent plus se rendre aux offices. Le curé Pacthod demande à l’Intendant sa reconstruction alors que les édiles estiment qu’elle peut tenir encore quinze ans. Cependant, l’architecte Ruphy, qui est aussi syndic d’Annecy-le-Vieux, présente, en 1846, le projet d’une construction « belle, régulière et conforme aux règles de l’art. »
En 1847, le chanoine Croset-Mouchet souhaite qu’elle devienne un monument digne de la mémoire du Cardinal de Brogny et cherche à y intéresser « la pieuse munifiscence du Roi ».
Mais le projet Ruphy est jugé trop coûteux et c’est finalement le projet de l’architecte Monet qui est agréé en 1850 par le Conseil Permanent des Ponts et Chaussées. Le devis a été réduit de 38.634 livres à 35.049 livres, sur lesquelles l’Economat Royal accorde 20.000 livres à la suite des démarches du curé Pathod à Turin.
La baronne de Livet a cédé l’emplacement de la chapelle et du tombeau de ses ancêtres de Menthon à condition de pouvoir choisir l’emplacement de son banc dans la nouvelle église ; elle demande, en outre, que la commune construise sous le « sous-pied » de l’église un tombeau pour sa famille[2].
Le Conseil de la commune décide que les pierres anciennes portant des inscriptions antiques ou autres seront réutilisées, d’où la présence dans la nouvelle construction :
·         de la pierre avec dédicace de Caprilius Atticianus sur le mur extérieur sud-est,
·         de la pierre tombale avec croix de Jérusalem (tombe d’un croisé ?), encastrée dans le mur extérieur nord-ouest,
·         et, peut-être aussi, de la clef de voute aux armes du Cardinal de Brogny au-dessus du baptistère.
 
La première pierre est bénie en 1850 ; l’église, construite avec la participation de la population aux travaux, est consacrée en 1852. Sa décoration sera complétée en 1876 par les frères d’Astari, d’Aoste.
En 1876, le baron Raverat, écrivain-voyageur, trouve son style néo-classique peu conforme aux habitudes savoyardes… Il apprécie par contre l’ampleur de la coupole, l’élégance de la chaire avec les sculptures des quatre évangélistes ainsi que les fonts baptismaux sous la statue dorée de Saint-Jean-Baptiste. Les boiseries des stalles, victimes de l’usure des années, n’ont pu être conservées lors de la réfection du chœur en 1968.


[2] L’arc de pierre qui marquait l’entrée de cet « enfeu » (accessible seulement de l’extérieur de l’église) est resté visible sur le mur nord-ouest de l’église jusqu’aux travaux de restauration de 1987-88.

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