Annecy-le-Vieux

Fermer Introduction

Fermer 1 : La terre et les hommes

Fermer 2 : De la préhistoire à la naissance d'Annecy-le-Vieux

Fermer 3 : La paroisse et ses édifices religieux

Fermer 4 : Un moyen-âge obscur et difficile

Fermer 5 : 17ème et 18ème siècle : une image qui se précise et se durcit

Fermer 6 : La Révolution et l'Empire (1792-1815)

Fermer 7 : La Restauration Sarde (1815-1860)

Fermer 8 : De l'Annexion à l'urbanistion

Fermer Annexe 1 : La vigne et le vin

Fermer Annexe 2 : La famille de Menthon de la Balme au château de la Cour

Fermer Autres annexes

6 : La Révolution et l'Empire (1792-1815) - 6.5 : Le poids des guerres
La Savoie s’est trouvée dans la zone des opérations en 1793-94 et en 1813-14. Les ponctions en hommes et en nature furent lourdes et les résistances ne cessèrent de se manifester tout au long de la période.
Le ton est donné à Annecy-le-Vieux dès août 1793. Le district d’Annecy doit fournir cent-soixante hommes et il n’y a que cent volontaires. Sur les soixante hommes à trouver, Annecy-le-Vieux doit en fournir deux « dans la classe de ceux qui sont dans l’agriculture ». Il n’y a personne qui ne soit utile à l’agriculture, répond sèchement le Conseil qui demande que la commune soit exemptée. Mais, le 29 septembre, deux citoyens, dont Guillaume Bévillard, s’offrent pour « voler aux frontières » défendre la patrie.
La mobilisation de la population se déroule à deux niveaux : l’enrôlement dans la Garde Nationale et la conscription.
En juillet 1793, le municipalité essaye d’organiser la Garde Nationale. L’adjudant major Combelépine viendra d’Annecy trois fois par semaine pour lui faire faire de l’exercice. Le pré de la Danse est préféré au cimetière comme champ de manœuvre…
Cette première Garde Nationale paraît se désorganiser très vite. La commune a cependant du verser 120 livres pour l’achat du drapeau de la Garde Nationale d’Annecy.
En l’an VIII, se forme une « Garde Nationale sédentaire ». Celle d’Annecy-le-Vieux compte de compagnies de 86 hommes chacune dont 16 gradés élus (capitaines : Maurice Chappaz et Pierre Duparc).
En ce qui concerne la conscription, Annecy-le-Vieux doit fournir par classe d’âge (12 à 15 jeunes gens) un homme pour l’armée et un pour la réserve. Le tirage au sort a lieu au pré de la Danse, au milieu d’un grand concours de peuple, après que les conscrits qui s’estimaient « hors d’état de supporter les fatigues militaires » aient pu faire valoir leur réclamation ; de plus, il fallait mesurer plus de 1m543[1].
Le registre municipal décrit le cérémonial du tirage au sort : les conscrits sont rangés en ligne, les absents étant remplacés par un enfant. Chacun tire une bille en plomb d’un sac ; l’une, marquée d’un point, désigne pour l’armée, une autre, marquée de deux points, désigne pour la réserve.
En l’an IX, on compte vingt-cinq militaires aux armées dont un officier de santé (médecin militaire), Antoine Bévillard, et un sergent-chef, Simon Chevallier. A la même époque, six soldats ont été tués au siège de Toulon, à l’armée d’Italie et à l’armée des Pyrénées ; parmi eux, Pierre Batailleur, François Salomon et Jean Terrier.
Un blessé, Jean-Marie Chaboud, sera nommé par la suite garde-forestier et garde-champêtre.
Un certain nombre de Savoyards cherchait à fuir les obligations militaires et ce, bien avant la Révolution. Louis Mouchet, père du chanoine Aimé Mouchet, avait déserté du Régiment de Savoie en 1714 et s’était réfugié au Grand-Bornand avec son cheval. Il faut bien retenir que la situation de déserteur (ou rénitent) n’avait pas le caractère infamant qu’elle a prise depuis ; des mesures d’amnistie venaient régulariser les choses.
Les guerres de la Révolution et de l’Empire, peu populaires en Savoie, vont renforcé cette tendance devant laquelle les autorités semblent désarmées. En 1805, le Préfet Verneilh est relevé de ses fonctions pour avoir refusé de faire condamner 332 familles de conscrits réfractaires ; le sous-préfet écrit aux Maires pour qu’ils désavouent « les lâches qui, abusés par des sentiments honteux, ont fui les drapeaux ». En 1806, le sous-préfet rend compte que les poursuites exercées contre les insoumis deviennent inutiles et mécontentent tous les habitants. En effet, plusieurs insoumis n’ont aucune propriété ni aucun parent connu et ce sont les autres qui paient à leur place.
A Annecy-le-Vieux, on compte six absents sur onze inscrits au tirage au sort de l’an IX, six absents sur quatorze en l’an X. En novembre 1807, à Dingy, quatre hommes armés attaquent deux gendarmes de Thônes qui ont capturé un déserteur. Ils l’arrachent tout enchaîné des mains des gendarmes et blessent l’un d’eux.
En 1809, une liste communiquée par la Préfecture compte à Annecy-le-Vieux treize déserteurs dont un récidiviste. Il en coûtera 528 Francs. à payer par les conscrits, à défaut leurs parents et à défaut les vingt plus forts contribuables de la commune. Le conseil municipal conteste la qualité de déserteurs pour plusieurs d’entre eux et fait valoir que la commune a fait tout ce qui dépendait d’elle pour faire rentrer les déserteurs dans le devoir ou les arrêter.
En janvier 1814, des hussards hongrois, venant de Suisse à la poursuite de l’armée française en retraite, font leur apparition à Annecy. Quelques-uns d’entre eux bivouaquent à Annecy-le-Vieux. Dans leur train des équipages, des bœufs de Hongrie, aux cornes recourbées, suscitent une vive curiosité. Puis arrivent des Autrichiens et des Croates.
 
Le 24 février, un important combat a lieu dans la plaine des Fins et les Autrichiens sont chassés d’Annecy. Ils ne sont pas poursuivis au-delà du Pont de Brogny et campent, de nouveau, à Annecy-le-Vieux. Les Autrichiens font un retour offensif le 9 mars 1814 et occupent à nouveau Annecy qui est, ainsi qu’Annecy-le-Vieux, le théâtre de scènes de pillage.
Ces va-et-vient de troupes n’allègent en rien la lourdeur des réquisitions : du 19 janvier au 25 mars 1814, Français et Autrichiens ont requis à Annecy-le-Vieux 2613 quintaux de froment, 51 de seigle, 3042 de paille, 148 de viande, 240 hectolitres de vin et 4 cordes de bois.


[1] Le Préfet Verneilh estime à un quart la proportion des conscrits de Savoie réformés pour petite taille.

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